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Ma contribution à 10 centimes:
En soi, l'idée de numériser des magazines d'aujourd'hui n'est pas mauvaise. Mais je ne peux m'empêcher de me demander quel est le rapport "quantité de boulot" / "intérêt".
Je m'explique en deux points:
1) Numériser un magazine, c'est un gros boulot (d'ailleurs j'ai une numérisation en cours qui traîne depuis des mois faute de temps actuellement). Personnellement, je n'ai aucune envie de consacrer du temps à la numérisation d'un magazine récent alors que du fait des méthodes d'éditions 100% numériques actuelles, le fichier numérisé existe avant le support papier. Certes, le public n'y a pas accès (encore que certains magazines proposent une version pseudo-PDF-DRMisée) mais, quelque part, ça ressemble à un travail de Sisyphe de vouloir rescanner la version papier. Ca pourrait être intéressant d'avoir un avis de quelqu'un du métier de l'édition pour savoir comment sont stockées les archives numériques des magazines et que se passe-t-il en cas de cessation d'activité vis-à-vis des ayant-droits.
2) Quel est l'intérêt que susciteront ces magazines d'ici une dizaine d'années ? Impossible à dire. Pourtant, et je ne sais pas si c'est du fait de la pure nostalgie ou bien uniquement parce que le paysage vidéo-ludique actuel m'intéresse peu, je dois dire que je m'ennuie fermement à la lecture des revues informatiques d'aujourd'hui, particulièrement celles orientées gamers, alors que j'étais un passionné 15 ans auparavant. Les années 80-90 ont été riches de rebondissements: on savait qu'on assistait à la naissance de quelque chose de formidable, on bidouillait, on s'émerveillait, on tapait des centaines de lignes de listings, on était du clan Amstrad, Atari ou Amiga, etc. Bref, y'avait une flamme qui, je crois, n'existe plus tellement aujourd'hui (un peu dans le domaine du logiciel libre, mais c'est une autre histoire). En ce sens abandonware-mag est formidable car il s'agit d'une lecture ouverte de l'histoire de la micro-informatique, à l'époque des pionniers si j'ose dire, où il se passait énormément de choses. Les stats de lecture des revues parlent d'elles-mêmes. Quelle est la situation aujourd'hui ? Qu'est-ce qui ressemble plus à un PC qu'un autre PC ? Quel enthousiasme autour d'une DS, Xbox et autres PS ? Tout se ressemble, tout est super-industrialisé, "marketé", formaté, aseptisé. Il faut 2-3 ans et 50 personnes au minimum pour sortir des jeux, c'est devenu une histoire de gros sous. La créativité d'antan est peu présente, elle s'est effacée devant un pur problème d'avancée technique: ce qui compte c'est d'avoir la plus grosse carte graphique pour pouvoir faire tourner le dernier jeu à la mode. On ne code plus aux petits oignons, si ça rame sur une machine d'aujourd'hui on s'en balance parce que ça tournera sur la génération de demain. Bref, c'est fade. Je m'imagine mal que dans 10 ans on s'émerveillera devant des JPG du numéro X d'un magazine actuel. Mais je ne suis pas madame Irma, je peux me tromper.
C'est pourquoi je crois qu'il faut peut-être laisser le temps au temps, laisser l'histoire s'écrire d'elle-même. On verra dans 10 ans où nous serons et quelles sont les choses que l'on aura retenu des premières années de ce siècle. Et puis, admettons qu'il y ait un terrain propice à la collection, fouiner pour chercher la perle rare fait partie des plaisirs du collectionneur et contribue a donner une certaine valeur à ce que l'on recherche. Si tout est d'emblée disponible cela n'a plus grand intérêt. Les grands groupes de médias le comprennent bien et ne se gênent pas pour organiser la rareté de certaines "oeuvres".
Voilà, en espérant ne pas avoir eu un discours de papy ringard...
_________________ "L'important n'est pas de prendre un bon départ... ...mais de ne pas faire une arrivée foireuse !"
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